Une exposition de photographies « Femmes du monde » de Philippe Salaün se tiendra du 11 au 28 Juin à l’Alliance Française de Colombo.

1.- Qui êtes-vous Philippe Salaün ?
Je suis Breton. Mon père était fonctionnaire de l’Etat français, policier et comme tel il a été nommé pour exercer ses fonctions hors de France. Je garde souvenir d’un long voyage en bateau pour rejoindre l’île de la Réunion, le soleil sur le pont, le vent, les odeurs du départ, à Marseille, si différentes de celles de l’arrivée, les fleurs du frangipanier, voilà, ça, c’est moi ! J’avais 6 ans et je rêvais d’être marin ! Mais c’est une exposition de photographies qui a changé un jour ma vie : « L’exposition Mondiale de la Photographie » ; j’ai alors pris conscience de ce que pouvait être cet art et j’ai abandonné l’idée d’être marin !Et puis j’ai rencontré Robert Doisneau, qui est devenu mon ami et moi je suis devenu son tireur et grâce à cette collaboration initiale, j’ai pu devenir le tireur de nombreux grands noms de la photographie du XXème siècle : Willy Ronis, Sabine Weiss, Izis, Seydou Keyta…Difficile de ne pas les citer tous ! Cela a fait ma carrière mais j’ai toujours été aussi un photographe passionné et j’ai fait des milliers de photos et de très nombreuses expos en France et à l’étranger, au gré de mes voyages en Europe, en Afrique, en Asie et en Amérique Latine…
2.- Vous avez donc travaillé avec le grand Robert Doisneau. Qu’avez-vous retenu de cette expérience ?
Robert Doisneau m’a d’abord fait le cadeau de son amitié : homme généreux et par nature drôle, il a aussi été pour moi comme pour beaucoup de professionnels, un modèle par l’esprit de ses photos, sa simplicité et sa rigueur ; sa proximité aux sujets qu’il saisit avec son appareil le rend incroyablement tendre !
3.- Pour votre exposition personnelle à Colombo, pourquoi avoir choisi de ne photographier que des femmes ? Qu’ont-elles toutes en commun, combien de nationalités sont représentées et combien de temps vous a-t-il fallu pour réunir ces images ?
La série « Femmes du monde » n’est pas une série préméditée ; j’ai tout simplement rassemblé des portraits réalisés lors de mes voyages et dans mon village natal de Bretagne. Dans l’exposition, il y a une douzaine de nationalités représentées et je n’ai d’ autre objectif que de célébrer la force et la diversité féminine à travers ces photos réalisées au hasard des rencontres sur une trentaine d’années. Je laisse à ceux et celles qui les regardent la liberté de donner un sens à chaque photo ou à leur ensemble.
4.- Êtes-vous déjà venu à Sri Lanka ? Que pensez-vous pouvoir y capturer avec votre appareil ?
Non, ce sera mon premier voyage à Sri Lanka. Je suis curieux de tout et impatient de découvrir. Je n’ai pas d’idée préconçue. Je suis ouvert aux rencontres avec les gens et j’espère aussi fortement pouvoir partager avec des étudiants ma passion pour l’ image… Et puis comme vous le savez, après ma modeste exposition du mois de juin, je céderai la place en juillet sur les murs de la Galerie de l’Alliance Française de Colombo à l’un des grands maîtres de la photographie du XXème siècle : Robert Doisneau.